Je n’avais pas prévu d’écrire cette histoire. Elle s’est imposée à moi, comme tout ce qui transforme profondément une vie.

Depuis bientôt deux ans, je n’avais plus écrit sur mon blog. Pas par manque de choses à dire  mais parce que je pensais avoir déjà beaucoup écrit sur moi.
Et pourtant…

Depuis mars 2020, j’accompagne des femmes et des hommes dans leurs traversées de vie. Une question revenait  sans cesse, presque murmurée :

  • “ Comment fait-on pour survivre à tout ce qui nous tombe dessus ? “

Comment ? Je pourrais répondre avec des méthodes, des outils, des protocoles mais pour moi la vérité est ailleurs.

Chaque comment est comme une pièce de haute couture. Une pièce unique, cousue à la main, ajustée à votre histoire, à vos blessures, à vos forces. Parce que :

  • vous êtes unique
  • on ne duplique pas des solutions comme on photocopie des vies
  • on ne clone pas les motivations, ni les freins, ni les élans, ni les renoncements

Vous l’aurez compris : Votre histoire vous appartient. Comme la mienne m’appartient.

Je m’adresse ici uniquement à celles et ceux qui ont besoin de connaître mon histoire pour comprendre l’accompagnement que je propose à mes client(e)s.

Pour les autres, je le dis avec respect :
– “ Votre pudeur, votre retenue, votre personnalité ou votre moment de vie ne vous permettront peut-être pas de saisir ma démarche.
Et c’est ok pour moi. Vous pourrez quitter cette page sans fracas parce que cet écrit m’appartient comme cette histoire.

Saison 1 : Il était une fois …

Épisode 1 : La décision

À l’aube de mes 50 ans, quelque chose s’est fissuré. Je continuais à avancer, à travailler, à performer mais je ne me reconnaissais plus.

  • Où étaient passées mes valeurs ? Mes élans ?
  • Cette sensation d’être alignée avec ce que je faisais et avec qui j’étais ?

Je me suis rendu compte que je ne respectais plus mes propres principes de vie. Je m’étais éloignée de l’essentiel, de moi.

En janvier 2018, après une concertation familiale et à l’unanimité, une décision radicale est prise :
Quitter mon poste de cadre dans la grande distribution.

Sans aucune certitude, mais avec une intuition viscérale : Continuer aurait été me trahir.

 Épisode 2 : Back to school

Adolescente, j’étais déléguée de classe. Adulte, déléguée du personnel, membre de comité d’entreprise.

Avec le recul, une évidence  : L’autre a toujours été au centre.

En novembre 2018, je retourne en formation, le cœur léger et la tête pleine d’espoir. Je voulais enfin acquérir des bagages solides, une mallette d’outils justes pour accompagner les personnes dans leurs

questionnements et leurs blessures.

Deux ans et demi de formations intensives, denses, exigeantes et éprouvantes. Reprendre des études après 25 ans de salariat n’avait rien d’anodin. Il fallait acquérir à nouveau des connaissances, accepter de douter, se remettre en question. S’ajoutait de composer avec la fatigue, la pression financière, la charge mentale, le regard des autres et même parfois du mien. Mais j’ai tenu avec de la persévérance, de la volonté et une motivation farouche.

Je suis devenue une version plus consciente de moi-même, capable de porter des montagnes de savoirs et d’expériences.

J’ai compris une chose essentielle lors d’une reconversion ou d’un changement de vie :
– Ni l’âge, ni le genre, ni la posture sociale n’empêchent d’atteindre son graal. Mais seul l’abandon le pourrait.

 Épisode 3 : La famille, refuge et socle

Ces trois années m’ont été salvatrices. Les plus belles de ma vie avec le recul.

J’ai pu passer du temps avec chacun des membres de ma famille :
– Mes filles, mon époux, ma sœur, mes cousins, mes amis et ma mère en Guadeloupe, qui venait de perdre son mari. J’ai pu être présente, vraiment là pour chacun. Même pendant le Covid, j’ai ri comme jamais. Oui, ri.

Petite anecdote, parce que la vie, même dans l’incertitude, sait être cocasse. En mars 2020, ma fille aînée, vivant seule dans son deux-pièces, décide de revenir vivre à la maison pendant le confinement. Très vite, notre appartement se transforme en open space, version dictature douce.

En une semaine, la salle à manger devient son quartier général : Visios, réunions, apéros virtuels.
Nous, « ses petites gens », étions relégués dans nos chambres pour lui laisser le champ libre. J’avais droit à une seule autorisation exceptionnelle à 19h : Préparer le dîner.

J’ai tenu cinq jours. Oui, que cinq jours. Je l’aimais profondément. Mais trop, c’était trop.

Ces moments, aussi chaotiques soient-ils, ont renforcé nos liens. Vivre l’incertitude ensemble, rire au milieu du chaos, s’ajuster : Construit et lie une famille pour la vie.

Épisode 4 : Quand la vie bascule

Fin 2020. Je célèbre ma dernière note de formation : Accompagnement au deuil. Une ironie tragique de la vie. Je me prépare à faire éclore mon projet. À devenir la thérapeute holistique que j’aurais tant aimé rencontrer lorsque j’en ai eu besoin. Je peaufine mon discours, je soigne ma présentation, je me sens enfin prête.

Et puis, en mars 2021
Un tsunami, un séisme hors échelle, je dirais même un cataclysme dans ma vie. Le décès de ma fille aînée.
Celle qui faisait partie intégrante de mon projet. Chacun de nous avait un rôle précis dans cette aventure.

J’ai voulu tout abandonner. Comment se relève-t-on de l’impensable ? Ma vie s’est alors mise au ralenti. Moi qui fêtais une note théorique, la vie me la rendait dans sa version la plus brutale.

Il y a des expériences qui vous frappent sans prévenir, sans bruit. J’ai mis un an à honorer sa vision. Un an avant d’ouvrir la page CAB THÉRAPIE sur Instagram, sans envie mais surtout sans stratégie.

Et puis, un jour, j’ai écrit sur la perte d’un enfant. Pour la première fois, j’ai mis ma souffrance en lumière.

Je refusais de m’effondrer. Je refusais que tout s’écroule parce que Cyndra n’aurait jamais voulu cela.
Elle, si accro au travail, aux idées nouvelles et aux projets.

C’est avec sa petite sœur et Michel, mon webdesigner fidèle, nous avons ouvert cette page.
En sa mémoire. En continuité…

Épisode 5 : Pause forcée

En avril 2024, la vie m’impose une nouvelle halte.
Cette fois, pour ma santé. Encore une fois :

  • se relever
  • se reconstruire
  • se réaligner

Comment accompagner les autres si l’on refuse de dresser son propre inventaire :
– physique, émotionnel et psychique ?

Épisode 6 : Revenir à l’essentiel

En janvier 2025, après une nouvelle concertation familiale, une décision s’impose.

Pour ma stabilité émotionnelle, je pars m’installer en Guadeloupe. Comme j’aime à le dire : 

  • “ Je suis avant tout ma première cliente. “

Je crois en moi, je suis fière de la femme que je suis devenue et surtout je me “ kiffe “.

J’étais arrivée au bout d’une autoroute. Il me fallait impérativement choisir une autre route.

Ce départ n’a pas été simple. Mais parfois, partir : C’est se choisir.

Épisode ultime : Garder son cap

S’installer en Guadeloupe n’a pas été une fuite. Ce fut un choix conscient. Comme toute chose nouvelle, cette période demande :

– du temps
– de la patience
– de la pugnacité

Et surtout une motivation profonde, celle qui ne dépend ni des circonstances, ni du regard des autres. Changer de lieu ne gomme rien. Il ne suffit pas de poser ses valises pour que tout s’aligne. Il faut accepter les ajustements, les silences, les doutes, parfois même les lenteurs. Mais une chose ne change pas : Son cap.

Ce cap, je l’ai défini, il y a longtemps. Il s’est affiné avec les épreuves, renforcé par les pertes, éclairé par les renaissances. Aujourd’hui, je le connais, j’ai choisi de le respecter.

Garder mon objectif, ce n’est pas avancer vite. C’est avancer juste :

Même quand l’élan vacille.

Même quand le vent tourne.

Même quand la mer est calme et que l’on doute de bouger.

Cette installation est une promesse que je me fais :

  • Rester fidèle à mes valeurs.
  • Ne pas renoncer à ce qui fait sens.
  • Continuer à accompagner, avec intégrité, celles et ceux dont le chemin devient sinueux.

Au fond, tout accompagnement commence par-là :

  • Oser s’appliquer à soi-même ce que l’on transmet aux autres.

L’histoire ne s’arrête pas ici. Elle change simplement de décor.

Et je suis ainsi prête à l’honorer, pas à pas, sans précipitation et sans jamais perdre mon objectif premier.

Être la thérapeute holistique désirée quand j’ai commencé ma formation.

Et souvenez-vous : Votre bien-être vous appartient.