Le massage bien-être

Quand on cherche aujourd’hui un massage, on découvre une multitude de noms, de méthodes et de traditions :

  • Chinois, indien, japonais, thaïlandais, suédois, hawaïen, californien, réflexologie…
  • Mais d’où viennent toutes ces pratiques ?
  • Qu’est-ce qui appartient réellement à une tradition ancienne ?
  • Qu’est-ce qui a été créé plus récemment ?
  • Et comment certaines pratiques ont-elles évolué au fil du temps ?

Avant d’entamer ma formation de massage, je me suis posée ces questions et j’ai eu envie de partager ici quelques repères avec vous.

On peut vite avoir l’impression que chaque méthode possède une histoire vieille de plusieurs milliers d’années.

  • Est-ce toujours le cas ?

Pas forcément.

Et c’est justement ce qui m’intéresse ici.

Je ne cherche pas à vous dire ce qui est “ vrai “ ou “ faux “, ni à vous expliquer ce que vous devez penser.

Je vous propose simplement de regarder l’histoire du massage avec un peu plus de recul et de curiosité.

Lisez, questionnez et comparez. Mais surtout, faites-vous votre propre opinion.


Au commencement…

Il n’y a probablement pas eu un premier peuple qui aurait inventé le massage.

Le toucher est une pratique humaine tellement ancienne et tellement répandue qu’il est plus juste de parler d’une histoire mondiale du soin par le toucher.

Au fil du temps, différentes sociétés ont développé leurs propres façons de travailler le corps :

  • pour soulager
  • pour accompagner la douleur
  • pour préparer le corps à l’effort
  • pour favoriser la détente
  • pour prendre soin d’un proche
  • ou dans le cadre de systèmes traditionnels de santé

La Chine, l’Inde, le Japon, la Thaïlande, l’Europe, le monde arabe, les cultures polynésiennes et bien d’autres ont ainsi développé des pratiques corporelles qui leur sont propres.

Le massage n’appartient donc pas à un seul pays.


La Chine

Elle possède une histoire ancienne et documentée du massage thérapeutique. Le Tui Na, notamment, fait partie de la médecine traditionnelle chinoise.

Les sources historiques montrent également que les échanges entre l’Inde et la Chine ont joué un rôle dans l’histoire du massage chinois. Ce qui est intéressant, c’est que ces pratiques ne correspondent pas simplement à notre définition occidentale actuelle du “ massage “.

Elles appartiennent à une conception plus large du corps et de la santé.

Une tradition évolue toujours avec la culture qui la transmet.


L’Inde

Elle possède elle aussi des traditions anciennes de massage liées notamment à l’Ayurveda.

Le massage fait partie de pratiques corporelles traditionnelles et peut concerner l’ensemble du corps, mais également les pieds.

Le Padabhyanga, par exemple, est une pratique traditionnelle de massage des pieds.

Alors, lorsque quelqu’un masse les pieds en Inde ou en Chine, est-ce forcément de la réflexologie ?

La réponse est Non.

C’est là qu’une petite distinction historique devient importante :

  • Le massage des pieds existe depuis très longtemps dans différentes cultures, mais cela ne signifie pas pour autant qu’il s’agissait de réflexologie plantaire au sens moderne du terme.

Autrement dit, masser les pieds et pratiquer la réflexologie plantaire peuvent parfois utiliser des gestes similaires, mais ces deux pratiques ne reposent pas nécessairement sur les mêmes principes et ne racontent pas la même histoire.

La réflexologie moderne repose, elle, sur une théorie et une méthode particulières : Certaines zones des pieds ou des mains seraient associées à différentes parties du corps.

Ce n’est donc pas nécessairement la même pratique, ni la même histoire.


L’Égypte ancienne

On trouve dans le tombeau d’Ankhmahor, à Saqqarah, une représentation ancienne montrant notamment des manipulations des pieds et des mains.

C’est intéressant parce que cela témoigne de pratiques corporelles très anciennes.

Mais il faut rester prudent.

Voir quelqu’un travailler sur un pied ne permet pas d’affirmer que les Égyptiens pratiquaient la réflexologie plantaire telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Une image ancienne nous renseigne sur ce qu’elle représente. Elle ne nous autorise pas à lui faire raconter une histoire qui n’est pas documentée.


Le Japon

Il possède également une histoire riche du travail corporel.

L’Anma, par exemple, appartient à la tradition japonaise et s’est développée avec des influences venues notamment de Chine.

Plus tard, d’autres méthodes japonaises apparaîtront.

Et c’est là qu’une question peut être intéressante lorsqu’on nous présente une méthode comme “ japonaise “ :

  • De quelle tradition parle-t-on exactement ?
  • Est-ce une pratique historique identifiée ?
  • Une école ?
  • Une transmission familiale ?
  • Une méthode moderne inspirée du Japon ?
  • Ou simplement un nom qui évoque le Japon ?

Toutes ces possibilités existent.

Et aucune n’est nécessairement mauvaise. Mais elles ne racontent pas la même histoire.


La Thaïlande

Le Nuad Thai ou massage thaïlandais traditionnel, constitue un très bel exemple de tradition corporelle dont l’histoire et la transmission sont documentées.

L’UNESCO l’a inscrit en 2019 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Il décrit le Nuad Thai comme faisant partie de l’art, de la science et de la culture des soins traditionnels thaïlandais.

La pratique s’est transmise dans les communautés et a progressivement évolué vers un système de connaissances formalisé.

Voilà quelque chose que je trouve particulièrement intéressant :

  • Une tradition peut être ancienne sans être immobile.

Elle peut évoluer, être enseignée, être structurée et continuer à vivre.


Puis l’Occident codifie.

Au XIXe siècle, l’Europe va largement contribuer à formaliser, nommer et enseigner différentes techniques corporelles.

Le système associé à Pehr Henrik Ling, en Suède, joue un rôle important dans cette histoire de la gymnastique et du travail corporel.

Puis le massage occidental va progressivement être codifié et professionnalisé.

C’est dans cette période que se construit notamment ce que nous appelons aujourd’hui le massage suédois.

Il est donc parfaitement possible qu’une technique soit moderne, structurée récemment, et pourtant devenue une référence majeure.

Et cela ne la rend pas moins intéressante.


XXe siècle : De nouvelles méthodes apparaissent.

Il voit apparaître énormément de nouvelles approches du corps.

  • Certaines reprennent des traditions anciennes.
  • Certaines mélangent plusieurs influences.
  • Certaines sont créées par des praticiens qui cherchent une nouvelle manière de travailler.
  • Ou encore certaines deviennent ensuite des méthodes à part entière.

Le massage Esalen, par exemple, se développe en Californie dans les années 1960 autour de l’Esalen Institute et de différentes influences du travail corporel.

Cela ne le rend pas moins intéressant parce qu’il n’est pas antique.

Il est simplement moderne.

Et personnellement, je trouve cela beaucoup plus intéressant lorsqu’une méthode peut raconter honnêtement son histoire.


Et la Réflexologie ?

C’est probablement ici que la confusion est la plus fréquente.

Le massage des pieds est ancien.

La réflexologie moderne occidentale, avec ses cartes représentant différentes parties du corps sur les pieds, possède une histoire beaucoup plus récente.

Au début du XXe siècle, le médecin américain William H. Fitzgerald développe la Zone Therapy.

Puis, dans les années 1930, Eunice Ingham, physiothérapeute américaine, reprend et développe cette approche en travaillant particulièrement sur les pieds.

Elle élabore les cartes des zones réflexes et publie son premier livre sur le sujet en 1938.

Alors oui : Les chinois, les indiens massaient les pieds mais aussi d’autres cultures travaillaient également les pieds.

Cela ne signifie pas automatiquement qu’elles pratiquaient la réflexologie moderne d’Ingham.

Massage du pied ≠ automatiquement réflexologie.

Cette nuance me paraît importante.


Alors, pourquoi autant de noms ?

Parce que les techniques voyagent.

Une pratique rencontre une autre pratique. Un praticien apprend plusieurs méthodes.

Il les adapte et crée son propre protocole. Ainsi une école apparaît donc un nouveau nom est donné.

Puis parfois, un joli récit accompagne le tout.

Et c’est ici que le marketing peut entrer en scène.

Des mots “ forts ‘ sont de mise :

  • ancestral
  • secret
  • oublié
  • vieux de 5 000 ans
  • transmis de maître à élève

Ces mots attirent notre attention.

Mais lorsqu’ils sont utilisés, une question toute simple peut être posée :

  • Quelle est véritablement la source ?

Une méthode moderne n’est pas une mauvaise méthode.

C’est important pour moi de le préciser.

Je ne suis pas en train de dire : – “ ancien = bien “ et “ moderne = mauvais “.

Ce serait absurde.

Une méthode créée récemment peut être excellente. Une tradition ancienne peut être mal pratiquée.

Une technique occidentale peut être formidable. Une technique orientale peut être mal enseignée. Et inversement.

Il y a du bon et du moins bon partout.

Ce qui compte, c’est notamment la qualité de la formation, la connaissance du corps, la pratique, l’expérience, l’écoute, les limites du praticien et la façon dont la méthode est présentée.


Et la science dans tout ça ?

Là encore, gardons les pieds sur terre.

On peut ressentir les effets agréables d’un massage :

  • détente, confort, relâchement, moment pour soi, lâcher-prise, s’évader, attention portée au corps, etc…

Sans avoir besoin d’affirmer que chaque geste possède un pouvoir thérapeutique extraordinaire.

Concernant la réflexologie, les données scientifiques ne permettent pas aujourd’hui d’affirmer solidement qu’une zone précise du pied correspond à un organe et que sa stimulation permettrait de traiter cet organe à distance.

Les revues scientifiques disponibles ont notamment relevé un manque de preuves solides permettant d’établir un effet thérapeutique spécifique de la réflexologie.

Cela ne signifie pas qu’une personne ne peut pas se sentir mieux après une séance.

Se sentir mieux est réel.

Mais expliquer pourquoi on se sent mieux demande une autre question.

Et c’est là que je préfère être honnête avec vous.

Vous vous ferez votre propre réflexion.


Ce que je vous propose chez CAB Thérapie :

  • Ne pas vous vendre une histoire.
  • Ne pas vous convaincre que ma façon de travailler est supérieure à toutes les autres.
  • Ne pas vous dire que telle pratique est merveilleuse simplement parce qu’elle serait “ ancestrale ”.
  • Ne pas non plus opposer systématiquement les traditions orientales aux approches occidentales.

Je préfère apprendre, comprendre, transmettre et rester avec un esprit ouvert .

Pour moi, le sérieux d’une pratique ne vient pas uniquement de son âge.

Il vient aussi de la manière dont elle est apprise, de la manière dont elle est pratiquée et de la connaissance de ses limites.

Mais surtout du respect que l’on porte à la personne qui se trouve devant soi.


Alors la prochaine fois…

Que vous verrez une méthode qui vous intrigue, posez simplement quelques questions :

  • D’où vient-elle ?
  • Depuis quand existe-t-elle ?
  • Qui l’a créée ou transmise ?
  • S’agit-il d’une tradition ou d’une méthode moderne ?
  • Qu’est-ce qui est documenté ?
  • Qu’est-ce qui relève de l’interprétation ?
  • Et quelles sont les preuves derrière les promesses ?

Vous n’avez pas besoin de devenir historien du massage.

Vous avez simplement le droit de savoir ce que l’on vous propose.


Et peut-être que l’Histoire commence bien avant tout ça…

  • Avant les noms.
  • Avant les écoles.
  • Avant les diplômes.
  • Avant les cartes du corps.
  • Avant les protocoles.

Il y avait simplement le toucher.

Un être humain qui pose ses mains sur un autre être humain pour apaiser, accompagner, réconforter ou prendre soin.

Et même avant notre naissance, nous découvrons déjà le mouvement, la pression, la chaleur et le contact dans le ventre maternel.

Alors peut-être que le massage n’appartient finalement à personne.

Il appartient à une histoire beaucoup plus grande :

  • Celle de l’être humain et de son besoin de prendre soin.

Et souvenez-vous : Votre bien-être vous appartient.